Spectacle en cours

Le Maître et Marguerite

d’après le roman Mikhail Boulgakov, mise en scène par Roland Mastrippolito

Au Foyer Rural, Place du Huit Mai, 78760 Jouars-Pontchartrain – (Proche Mairie, Médiathèque)
Le Dimanche 9 Juin 2019 à 16h30
Rémunération au chapeau

Au Théâtre du Ranelagh, 5 Rue des Vignes, 75016 Paris
Le Lundi 10 Juin 2019 à 20h
Places à 15 euros, tarif réduit 10 euros

Le professeur Woland et sa clique loufoque et inquiétante débarquent à Moscou pour, comment dire… pour y mettre un peu d’ordre ?… Et pour commencer, rappeler à Berlioz (-non, pas le compositeur !), qu’il ne saurait prétendre savoir où il sera le soir même ; sa tête pouvant bien rouler et servir de trophée à une petite fille en robe blanche entre temps !

Témoin de ces étranges évènements, Ivan va sombrer dans un no man’s land entre songe et réalité et nous entraîner dans les élucubrations surréalistes de la bande à Woland… et aussi dans l’histoire fantastique et mystique de Marguerite et de celui quelle appelle : Maître ! Le Maître, cet écrivain déchu dont le roman sur Ponce Pilate, le cinquième procurateur de Judée, fait la risée du petit monde littéraire moscovite. Le Maître à qui elle décide de donner son âme, quitte à devoir la vendre au préalable au prix le plus fort… on ne sait plus très bien à qui d’ailleurs.


Lettre d’intention

– Qui es-tu donc à la fin ?

– Je suis une partie de cette force qui éternellement veut le mal, et qui, éternellement accomplit le bien.(Faust – Goethe)

C’est l’exergue du roman de Boulgakov qui annonce la couleur… ou plutôt la nuance, la valeur de l’intensité peut-être, entre lumière et obscurité… La nuance qui parfois peut transformer les êtres humains en une humanité.

Partant d’une adaptation par Jean-Claude Carrière, j’ai choisi de retenir avant tout l’histoire de Marguerite dans le foisonnement d’idées spectaculaires, l’enchevêtrement de situations surréalistes et les nombreux sujets abordés dans le roman. Donc, pas trop de critique des systèmes totalitaires ici, pas non plus trop de vengeance envers les cercles académiques sclérosés, pas trop de moquerie non plus envers les esprits médiocres et hypocrites… Non, d’abord cette femme si seule. Seule, malgré son mari qui ne lui a jamais fait aucun mal, seule malgré la société qui l’abrite avec bienveillance, seule malgré son Dieu qu’elle honore avec piété, seule malgré le bouquet de fleurs jaunes qui l’accompagne… Seule aussi après que son Maître, un temps entrevu comme le bonheur capable de la remplir, a mystérieusement disparu. Quelle sorte de combat lui faudra-il donc mener pour aimer?

Boulgakov offre à Marguerite et son Maître une destinée délicieusement tragique. Au point que parfois il me semble entrevoir une larme perler de l’oeil du diable, et entendre le rire moqueur d’une soubrette et d’un groom facécieux… dont la prescience boulgakovienne ne saura vous échapper. L’histoire de Marguerite nous rappelle qu’aimer peut s’avérer être un crime, que des procureurs de toutes sortes, éclairés de vérités vitrifiées et bien installés dans le confort rassurant de leurs certitudes, sévissent jusqu’au plus profond de nos propres circonvolutions cérébrales.