« Et le désir s’accroît quand les faits se reculent » ….

Quand j’étais jeune débutant, (c’était il y a assez longtemps, je peux être aujourd’hui considéré comme un jeune de grande expérience), cette phrase me faisait marrer. C’est Polyeucte qui dit cette phrase. Un type pas cool Polyeucte. Depuis qu’il s’est converti, il ne supporte plus la liberté des autres, il ne supporte plus sa femme, il ne supporte pas qu’on puisse aimer un autre dieu que le sien. Un type pas cool je vous dis.  Il vivait au temps des romains, et il venait de se convertir au christianisme.  C’est Corneille qui a écrit Polyeucte. Au 17° siècle. Ça ne nous rajeunit pas.  Corneille, n’a pas fait que le CID. C’est un classique.  Mais à l’époque il était dans le camps des modernes (dans la querelle des anciens et des modernes), et Polyeucte c’est un sujet contemporain, mais c’est une histoire ancienne. Bref, moderne, classique, contemporain, historique, on s’y perd un peu. A chacun de prendre ces mots pour en faire des étiquettes et de coller ces étiquettes où il le souhaite, s’il souhaite faire des catégories.  Mais ce ne sont que des mots. Ils ne doivent pas empêcher de voir ce que contient cette catégorie. Ancien, moderne, classique ou contemporain, ce n’est pas important. Les vers de Corneille sont une musique, ses mots vous font grandir, comme si vous étiez l’humanité toute entière. Les mots de Corneille n’ont pas d’âge. On dirait qu’ils emplissent vos poumons avec un air pur au-dessus des nuages, et qu’ils vous enivrent un peu. C’est bon. « Ils promettent beaucoup et donnent davantage »

La compagnie Pandora, jouait Polyeucte à la ferme de Bel Ebat, dans une mise en scène de Brigitte Jacques-Wajeman, à Guyancourt le mardi 3 Avril. C’est trop tard pour y aller, alors lisez la pièce.

Et si vous n’avez pas peur des mots, Allez voir Small Talk de Carole Fréchette, dans une mise en scène de Roland Mastrippolito, au Ranelagh le 21 Mai à 20h.

C’est une pièce moderne, par une auteure contemporaine, sur des mots et des maux … de tous les jours. « Justine, as-tu du cœur ? »

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