Roberto Zucco, nouvelle création de la compagnie de la Bobine… J-3

Chers amis théâtrophiles,

Nous serions enchantés de vous retrouver pour l’une des deux premières représentations de « Roberto Zucco » de Bernard Marie Koltès, nouvelle création de la Compagnie de la Bobine.

– Le lundi 5 juin au théâtre du Ranelagh à Paris

– Le dimanche 11 juin à la salle Jacques Brel de Montigny le Brx

Pour les impatients, un petit avant-goût dans le fichier joint!

Bien théâtralement vôtre,

L’ argument de Roberto Zucco… et la gamine

Emprisonné pour le meurtre de son père, Roberto Zucco s’évade. Il assassine sa mère, puis rend visite à la gamine qu’il a violée. Il assassine un inspecteur de police, etc… La gamine, quant à elle, est coincée entre une sœur qui veut la préserver et un frère qui veut la vendre à un mac !

Pas très joli tout ça… et encore, vous n’avez rien vu. Un vrai conte extraordinaire de la folie ordinaire…

 

Lettre d’intention

On le sait, certains faits relatés dans Roberto Zucco sont inspirés de l’actualité de février 1988 lorsque l’identité d’un assassin surnommé « le tueur fou », ou encore « l’assassin de la pleine lune », est révélée grâce au témoignage d’une jeune fille de 16 ans. Il s’agit de Roberto Succo. Koltès a largement puisé dans la sinistre biographie de Succo, mais également dans la retransmission télévisée, non moins sinistre, de l’exécution en public des otages de Gladbeck en août de la même année.

Ces assassins ont défrayé la chronique et fasciné les téléspectateurs de l’époque. Comment ne pas être séduit par les images du jeune Roberto Succo, aux allures magnifiques d’athlète, se payant un strip-tease sur le toit de sa prison et haranguant en slip la foule ahurie avec l’assurance d’un tribun. Koltès aurait-il succombé lui aussi ? Sur la quatrième de couverture de « Roberto Zucco » aux « Editions de minuit » on peut lire :

« Un trajet invraisemblable, un personnage mythique, un héros comme Samson ou Goliath, monstres de force, abattus finalement par un caillou ou par une femme. B.M.K. »

Les proches des victimes de Succo ont été choquées, on a peu de mal à le comprendre. Après avoir lu Zucco, il y a de quoi être intrigué par cet exergue si maladroitement dissimulé. Que veut nous dire Koltès avec cette phrase si trivialement vraie et si profondément insupportable ? Insupportable à tel point que j’ai un moment douté de la pièce devant une telle provocation. Mais qui pourrait être inspiré par une vision si trivialement vraie pour lui et si profondément insupportable pour les autres si ce n’est Roberto ! Le décalage koltèsien ne nous ferait-il pas entrevoir les actes de Succo et des assassins de Gladbeck à travers le regard de Zucco ? Et à travers ce regard prismatique Roberto deviendrait enfin accessible et dévoilerait l’étrangeté de sa logique hors norme, que nous autres appelons sa folie. Lui faire dire enfin : « Je suis le meurtrier de mon père, de ma mère, d’un inspecteur de police et d’un enfant ».

 

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