Improvisation Contact : prise de contact

Des animaux.
L’instinct qui revient.
Des cris poussés, arrachés,
des souffles qui râpent, qui s’entre-choquent.
Le regard au loin,
de celui qui cherche.
Des gens écrasés, des vieux hagards,
éperdus de contact, laissés seuls,
comme en détresse, se mettent à parler
pour combler le vide, leur besoin carencé.
Des gens qui se posent, qui ne savent pas plus
se comporter qu’en société. Une fille,
au loin, tout en noir,
le deuil d’une rencontre. Cherchant,
dans le pli du tissu, le contact attendu.
Le repli.
Où sont mes camarades ?
Certains dansent,
une a disparu, d’entre les corps,
elle s’est évanouie.
Certains avancent,
timidement, en toute réceptivité.
L’intention se lit dans les mains.
Le vieux a trouvé refuge en celle
que je pensais avoir disparu.
Le mur comme contact,
comme socle de base
pour retenir l’envie de partir.

Les animaux sont partis,
avec eux leurs chutes et leurs jappements compulsifs.
Des rires, parfois,
tendres échappées de maladresses improvisées.
Le silence, autrement.
Les corps se plient, se déplient,
au gré des envies, des impulsions.
Un magma humain que le parquet couinant accompagne.
Comment des êtres se rencontrent-ils ?
Que veulent ces êtres ?
Certains se posent, se reposent.
C’étaient les animaux.
Comment immobiles ils m’étaient devenus invisibles,
comment dans le mouvement s’animait ce qui les différenciait.
Des précipitations mal contrôlées,
les chutes évitées. La bouche
entrouverte de certains, les vieux,
les deux vieux,
me dégoûte.
Tandis qu’une réelle grâce se dégage chez les uns.
L’animal ignore ceux qui ne sont pas à sa hauteur.

Puis, un son,
émit d’un bout de la salle,
un son qui berce.

Ce vieux est un vicieux.
Pervers Pépère.

improvisation contact croquissObservation libre d’une JAM session au Studio Keller à Paris

Jul’ de la Compagnie de la Bobine

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