Les liaisons dangereuses : public divisé

Lorsque des moyens importants sont déployés, les attentes sont élevées sur une même échelle. Les liaisons dangereuses, lu, vu au cinéma, à toutes les sauces, se doit, dans un certain sens, de nous surprendre, de nous séduire. En tout cas, c’est l’état d’esprit dans lequel on peut se placer si l’on garde en tête les nombreuses adaptations déjà produites. Il est pourtant fort possible de se maintenir en état d’ingénuité et de prendre cette représentation comme la première montrée. A la fin de la représentation, cette différence de disposition s’est constatée : tandis que certains, séduits, se levaient pour applaudir ; d’autres s’empressaient déjà de quitter la salle, le cul endoloris par cette longue attente.

photo  Jul'

Pour ma part, je suis des premiers. J’ai fais le deuil des acteurs que j’avais aimé pour en apprécier d’autres. Les beaux rôles étaient donnés aux hommes qui apportaient une saveur piquante et espiègle. Valmont était à la croisée de Sparrow et Lestat, drôle et cabotin. La fluidité de la mise en scène était délicieuse. Je me suis sentie face à une grande maîtrise, qui me mettait en confiance et en ouverture. Le parti pris n’était non pas de larmoyer non plus de s’apitoyer ; mais bien de s’insurger, de se secouer. La fin est, à ce titre, une immense réussite : pendant un court, mais jouissif, instant, le public et la scène ne font plus qu’un, le théâtre s’inscrit dans le réel, grandiose !

Jul’ – La Compagnie de la Bobine

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