Le château de Barbe Bleue – La voix humaine

C’est étrange mais les portes qui s’ouvrent, ne s’ouvrent pas toujours pour laisser entrer plus de lumière, plus de ciel bleu, plus d’espoir.

Dans l’opéra de Bella Bartók, Le château de Barbe Bleue, Judith et Barbe Bleue sont seuls sur scène. Ils sont seuls, mais le personnage principal, c’est leur amour passionnel. Judith ouvre une à une les sept portes du château de Barbe Bleue, malgré les suppliques de Barbe Bleue, malgré ses alertes pour lui dire que leur amour est suffisamment grand, et que chaque ouverture le fragilise « … fais attention à nous Judith »

Judith, elle les a ouvertes ces portes, une à une, et chaque porte qui s’ouvre les conduit tous les deux dans un enfermement, un isolement.

Poulenc, lui, nous fait vivre le déchirement d’une rupture. Ils étaient deux, et maintenant elle est seule. Il n’y a plus qu’elle. Plus qu’elle et « La voix humaine », celle qui pleure, qui supplie, qui ment pour ne plus être seule et pour retenir encore la voix au bout du téléphone, cette voix qu’elle entend de moins en moins.

John Relyea (Barbe-Bleue) © Bernd Uhlig Opéra National de Paris

A l’Opéra Garnier, les deux opéras sont réunis dans un même spectacle. « Le Château de Barbe Bleue» de Bella Bartók et « La voix humaine » de Francis Poulenc. Il n’y a pas d’entracte entre les deux, même pas de pause. Les deux opéras sont réunis dans une seule et même tragédie. La mise en scène est somptueuse, les chanteurs (une basse et deux sopranos) sont magnifiques, leurs voix et leur jeu d’acteur. Et puis il y a la superbe direction de Esa-Pekka Salonen ! On dit parfois que ce sont deux œuvres difficiles. Salonen leur donne chair. Une chair fragile et vibrante et passionnée.

Le spectacle sera bientôt retransmis à la télévision (Mezzo), et sur France Musique.

Le château de Barbe Bleue – La voix humaine

Béla Bartók / Francis Poulenc

Mise en scène Krzysztof Warlikowski

Chef d’orchestre Esa-Pekka Salonen

 

Aldo M – La Compagnie de la Bobine

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