Le Suicidé, le saucisson de foie et l’acte III

La famille saucisson de foie ?

Le Saucisson de foie aurait été un bon titre pour cet article, mais finalement j’ai retenu Le Suicidé, le saucisson de foie et l’acte III ! Tu parles d’un titre ! Mais, vous le savez encore ! Je me demande toujours ce qu’il y a sous le titre. Mais qu’y-a-t-il « over the rainbow » ? Et comme vous, je me demande bien ce que ce titre veut dire. Mais, tout d’abord, avez-vous déjà mangé du saucisson de foie ? Non ? Moi, non plus, enfin je ne pense pas. Je pense pourtant en avoir mangé en Macédoine, à l’époque ou on pouvait être accueilli à Skopje dans une maison au sol en terre battue et, ou les petits déjeuners commençaient par un verre de schnaps, des omelettes aux champignons noirs et finissaient par ces cerises à l’eau de vie. Puis, si le coeur m’en disait, je pouvais donc me tartiner un saucisson de foie sur du pain de campagne. Etait-ce du pain ? Etait-ce la campagne ? En tout cas, ce qui est sûr, c’est que mes hôtes savaient parler dans la langue de Goethe.

Le Suicidé  de Nicolaï Erdman ? Vous vous êtes déjà suicidé ? Question taboue ? Bou ! ! Mieux valait vous demander si vous aviez déjà mangé du saucisson de foie. Mais, vous n’avez jamais eu peur du lendemain ?  La peur ! La peur de ne pas être ? La peur de ne pas en être ? La peur du chômage ? Ah, pardon, vous aussi vous ne trouvez pas d’emploi ? Et si votre compagnon au chômage vous refusait la tartine de saucisson de foie que vous lui avez confectionné avec amour ? C’est une histoire vécue ? En tout cas, Sémione Séminovitch, raffole du saucisson de foie.


Et l’acte III, alors ? Changeons de champ de vue et prenons de la hauteur. Mais quelle heure est-il ? On a plus beaucoup de dimanche à répéter et l’heure tourne. L’heure tourne ! Mais vous connaissez aussi cette ritournelle que nous vous chantons à la morte saison. La chaleur du saucisson de foie n’aura pas raison des comédiens. Car vu d’ici, ça rame, ou plutôt ça a ramé, car aujourd’hui, après plusieurs semaines de répétitions, on peut dire que le pari a été remporté. Il faut en ordre dispersé se créer son personnage et inventer son secret, il faut apprendre son texte et il faut articuler. Ne jamais jouer seul et toujours jouer avec les autres comédiens. Puis, il faut lire et relire la pièce pour essayer d’interpréter correctement ce que voulait dire Nicolaï Erdman il y a presque cent ans. Notre metteur en scène commence aussi à prendre de la hauteur et commence à siffler un air de bonheur. On a ri, comme vous allez rire, pas un rire intello, pas un rire gras, mais un rire oculaire, celui qui vous fait pleurer sans vous faire perdre la tête et qui vous laisse dans les yeux des perles de malice et des éclats de soleil.

Pascal B – La Compagnie de la Bobine

P.S : Pensez à acheter du saucisson de foie !

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