Le Misanthrope au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines. Should I go ?

moliere MISANTHROPE - Cie de la Bobine Après le Bourgeois gentilhomme, Molière est à nouveau à l’honneur au théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines avec Le Misanthrope, sur une mise en scène de Jean-François Sivadier.

Pourquoi s’étonner que les pièces de Molière soient si souvent réadaptées quatre siècle après ? Parce les mœurs n’ont pas changé ! Nul peine d’inventer d’autres textes après de si brillantes démonstrations ?…D’ailleurs le théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines a fait salle comble, les plus lettrés terminaient les joutes en alexandrins avec la complicité attendue des acteurs. Nullement gênés, le public lycéen de  Saint-Quentin-en-Yvelines présent également en grand nombre, fut enthousiasmé par une mise en scène à l’énergie extraordinaire et contagieuse, revisitant ces mêmes vers avec quelques décalages appuyés forçant peut être le comique.

Alors quoi de neuf  ? Une bonne nouvelle mise en scène pour dire qu’en effet rien n’a changé : l’Alceste (Nicolas Bouchaud) des temps modernes continue à haïr la jet-set, frivole, avec ses réseaux, son culte du paraître, sa superficialité, ses mensonges (un portrait de notre actuel Président fut brandi par Alceste lui même).

Coté décor, un visuel sombre et chaotique frôlant le gothique avec des chaises d’écoliers éparpillées en vrac, de la poussière volcanique au sol mélangée à des paillettes de lendemain de Noël, d’énormes ballons noirs (seul un blanc reste), des petites fontaines de pacotille. Seul un rideau immaculé blanc sépare l’avant-scène de l’arrière-scène où les spectateurs peuvent voir les acteurs se remaquiller, se rasseoir, circuler, attendre, donnant une respiration entre les scènes.

Le misanthrope à Saint-Quentin-en-Yvelines - photo SRAlceste crache son venin, dandy habillé en kilt / chemise cravate (style John Galliano) mais sur une veste d’époque. La mise en scène oscille entre du contemporain et du 17ème, du rock ‘n’ roll et du Jean-Baptiste Lully, du grand cirque burlesque et du théâtre classique sans pourtant compromettre le texte de Molière. Oui, on arrive tout de même à percevoir la mélancolie d’un Alceste cherchant une juste expression de son très grand dégoût de l’humanité tout en s’attachant à une Célimène (Norah Krief) légère avec une gouaille drôlissime. Presque parfait.

SL

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