Nordey à Saint-Quentin : Faire ou ne pas faire un détour Par les villages ?

Par les villages 1 à Saint-Quentin en Yvelines - Photo S.L Par les villages 2 à Saint-Quentin en Yvelines - Photo S.L Par les villages 3 à Saint-Quentin en Yvelines - Photo S.L
Par les villages 1 à Saint-Quentin en Yvelines - Photo S.L Un détour Par les villages ? Mais c’est un bien long chemin ! Dans un décor peu avenant en plus… Qui penserait rester quatre heures dans un spectacle aussi statique qu’il vous en laisserait des crampes cervicales. Alors que l’époque est à la rapidité, au vite digéré, au vite envoyé, vite reçu. Mais ce soir, au théâtre de Saint-Quentin, mon siège est confortable pour voir la pièce Par les Villages de Peter Handke, mise en scène par Stanislas Nordey. Un si long cheminement pour se rendre compte que le monde n’a pas changé, même trente-cinq ans après : d’un côté, les privilégiés, de l’autre, les exclus. Drôlement malin ce Nordey de reprendre les morceaux de brisures sociales qu’il affectionne tant à mettre en scène. Opportunisme?
 
Par les chemins raconte l’histoire de deux frères: Gregor, petit garçon hautain et prodige (Laurent Sauvage) et Hans (Stanislas Nordey) et de leur soeur Sophie (Emmanuelle Beart, trop belle, Messieurs !). Seul Gregor a réussi sa vie d’intello citadin alors que les deux autres sont restés au village et vivotent de petits jobs, exploités et humiliés. Les parents décédés, Gregor revient sur les traces de son enfance rurale suite à l’héritage de la maison familiale. Et là… c’est la guerre entre le bobo – dirais-je – et les prolos !  L’un est obsédé par la préservation des villages et des paysages, réfutant la modernité si chère à la ville, les autres se plaignent de leur condition et aspirent à mieux. Pendant trois heures et trente minutes, tout le monde se fiche de tout le monde, tout le monde s’oppose ou se plaint dans une suite de monologues, certains « cultes », certains interminables. Tout cela pour cheminer vers la seule conclusion:  l’humanité reste figée.
Seule, une sorte de fée nommée Nova (Claire-Ingrid Cottanceau), parcourant çà et là ce chemin théâtral, déclame dans un élan final la réconciliation. Poétique, grave et frivole: merci Nova pour ces trente dernières minutes inoubliables!

Si vous avez eu une journée de merde avec vos collègues ou votre patron, si votre cérébralité est en dormance dans ce monde high-tech sans poésie, si la perspective de s’endormir devant Nordey est plus honorable que de le faire devant la télé : foncez voir Par les villages ! Les autres : passez votre chemin. Sinon, lisez Peter Handke.

S.L

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