La famille du théâtre

La table du dimanche avec le mur de Charlotte - Quand je pense à la famille - photo PB Quand je pense à la famille,….quand je pense à la famille,… je pense aux dimanches où l’on dresse la table de fête pour déguster le rôti et ses pommes dauphines. Faire partie d’un groupe qui a ses codes et ses rites est une recherche universelle. Depuis notre enfance nous recherchons un idéal de fraternité où il n’y aurait pas d’exclu. On imagine être autour d’un feu de joie, dans le cercle des initiés, et parfois être au bout de la table. Exister pour soi nous isole et plus dure sera la chute au fond du précipice. Exister pour les autres décuple notre ego mais renforce notre volonté à consolider notre famille. Petit à petit, nous prenons confiance en nous et réalisons qu’il est inutile d’être en haut de l’organigramme pour exister. Vivre pour les autres renforce notre immortalité, il n’y a pas de plus beau rôle que celui d’hallebardier. Il protège sa famille et fera tout pour éviter les divorces. La famille du théâtre n’est pas un mythe, c’est une réalité. Comme dans la vraie vie, celle qui se passe en dehors des salles de spectacles ou de répétitions, il faut savoir faire des concessions, et admettre que nos capacités sont souvent  inférieures à notre volonté de bien faire. Aujourd’hui, je ne serai pas le jeune premier, même en me grimant avec des tonnes de maquillage, et il me faudra une décennie pour perdre mon embonpoint. Il faut être conscient de notre réalité, et bien évaluer la hauteur du plafond de verre qui en se brisant peut faire éclater tous nos projets oniriques. Faire partie d’une famille est notre vœu à tous, il y a le père, la mère, l’aîné qui applique à la lettre les consignes du patriarche, le cadet qu’il faut protéger, le cousin à l’accent marseillais qui ne vient que pour les vacances. Mais attention à la prise de tête, attention à la grosse tête. Certains chefs de famille se prennent pour des gourous philosophes et se plaisent à parler de leur troupe comme si c’était une secte. Les comédiens ne sont pas des marchandises ou des attributs de pouvoirs, ils sont à la recherche du plaisir d’être ensemble. Jouer le premier rôle est aussi important que de pousser la caisse des accessoires. La vraie vie est aussi celle que nous vivons dans la famille du théâtre. On peut enfin faire mentir l’adage « on choisit ses amis, on ne choisit pas sa famille » et on peut même trouver des amis dans cette nouvelle famille, et dresser une belle table pour l’accueillir, pour accueillir ses amis. Quand je pense à ma famille,…

P.B La Compagnie de la Bobine

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