Charlotte, la pièce écossaise et les trois sorcières à Saint-Quentin

Charlotte Boulard la vraie fille d'Arturo n'est plus de ce monde

Charlotte, la vraie fille d’Arturo n’est plus de ce monde

Bientôt les cloches des théâtres sonneront le glas de 2012 pour le passage à l’année suivante. Bob avait fin novembre l’intention de monter à la capitale pour aller au Théâtre du Ranelagh pour découvrir Macbeth mis en scène par Philippe Penguy, mais un chapelet de mauvaises excuses l’a contraint à annuler cette belle idée. Bob essaiera début janvier si il reste encore de la place au Théâtre National de Saint-Quentin-en-Yvelines de renifler «L’odeur du sang humain ne me quitte pas des yeux» d’après Macbeth de Shakespeare, conception et mise en scène de Philippe Ulysse. Personne ne vous dira que Macbeth est une pièce maudite depuis que trois vilaines sorcières l’ont décidé et que des phénomènes étranges se sont produits depuis sa création : décès suspects, assassinats, tempêtes, incendies, maladie. Il vous appartient de forger votre jugement car il se pourrait qu’il s’agisse que d’une légende londonienne. La Grande Magie jouée par la Compagnie de la Bobine est elle aussi damnée? Pirandello nous avait demandé il y a quelques temps si il fallait avoir fait l’amour pour jouer une scène d’amour et nous avions répondu qu’il fallait puiser dans nos capacités à développer l’imaginaire pour délivrer l’intention, et que seul le pouvoir d’imagination de l’acteur était capable de telles prouesses. Il était capable de nous faire croire qu’il était le seul survivant d’une bombe à protons et que d’ici quelques heures, nous, pauvres spectateurs nous allions nous décomposer, d’abord les cheveux, puis les ongles, jusqu’à la putréfaction. Charlotte, la vraie fille d’Arturo n’est plus de ce monde et son père est au désespoir. Ou est rêve? Ou est réalité? Un seul espoir, un seul remède, pour survivre à sa fille , il serre entre ses bras sa femme et ses deux enfants et leur dit que l’amour est la plus belle chose au monde. Puis il retrouve son clan, celles et ceux qui partagent comme lui sa curiosité du théâtre, pour échapper à l’entonnoir sur la tête. «Pourquoi? Pourquoi? Mais quel mal a fait cette petite et moi quel mal ai-je donc fait? Pourquoi? Pourquoi?» Tous ces mots résonnent et se répètent à l’infini comme un écho perpétuel inventé par Vinci ou je ne sais quel autre génie. L’écriture est un exutoire, elle est un complément indispensable à son équilibre égocentré. Cette pièce n’a été montée que très peu de fois en France, et il est trop tôt pour comploter des statistiques. Arturo avait puisé au fond de son imaginaire pour faire venir les pleurs de ses partenaires dès sa première tentative. Il avait dit qu’il avait usé d’un stratagème de respiration pour arriver à simuler une telle émotion mais il n’avait jamais pensé à la chair de sa chair pour ne pas perdre la tête. Le théâtre n’est que le reflet de la vie, parfois déformé, parfois entier et point de damnation il y a ! Il n’existe pas de sorcières et Eduardo de Filippo qui avait également perdu sa fille n’a jamais renoncé à faire vibrer les étapes de la vie qui nous font pleurer ou qui nous font rire de la naissance au passage à trépas. Allez donc vite dans vos théâtres découvrir les miroirs de vos existences.

P.B La Compagnie de la Bobine

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