Cairn : premier dimanche de répétition!

Ce dimanche-là, notre salle de répétition est occupée, et quand nous sommes sur le point de nous retrouver sur le bas-côté, une maison se dévoile et nous invite à répéter. Bob n’est pas du genre à se plaindre et cette situation lui plait : rien n’est figé, rien n’est acquis et tout peut changer.

Pas de dimanche à la campagne, nous voilà enfermés toute une journée. Si, si, je vous l’assure nous pouvons déjà répéter toute une journée. Déjà un mois que nous avons embrassé Cairn : la découverte du texte est donc une étape oubliée. Nous en sommes à la phase de la compréhension et recherchons le bon ton et la bonne intention. Enfin, c’est ce que je crois, mais il est parfois difficile d’exprimer ses sentiments et la complexité du texte n’est sûrement pas mon alliée. Faut-il théâtraliser ou s’appliquer à rendre cette scène à la réalité? Je ne me pose pas vraiment la question mais rends toujours l’opposé de ce qui est demandé. Mes synapses semblent déconnectées car mes intentions ne correspondent que rarement à la réalité. Mon imagination, que je croyais pourtant développée se fige parfois les quelques instants où je lui demande de s’émouvoir. Ce sentiment d’impuissance quand ma voix n’émet pas dans la fréquence convenue me ramène pourtant à notre réalité : nous sommes tous différents. Le message que j’émets aura une signification différente selon sa mélodie et surtout selon celui qui l’écoute. Aimer le rap, détester Schubert, avoir les intonations du terroir va-t-il influencer la compréhension du spectateur si les répliques sont accordées à deux ou quatre temps ? Peu importe mon opinion, d’ici un mois j’aurai sûrement changé d’avis car j’ai appris à recevoir les recommandations du metteur en scène qui sait naviguer sur cette mer ou ma boussole est démagnétisée. Notre apprentissage est rigoureux et ne laisse pas de place à l’improvisation. Sur l’échelle de la souffrance, la courbe de croissance s’est envolée nous laissant souvent face à nous-mêmes, face au doute et à l’adversité de ces mots qui mis bout à bout peuvent nous égarer dans des labyrinthes où rires et perplexité viennent s’amalgamer pour pouvoir découvrir un jour toute la vérité que ce texte recelait. Cairn : c’était notre premier dimanche de répétition en attendant le suivant.

P.B La Compagnie de la Bobine – Saint-Quentin en Yvelines

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