Le Gros, la Vache et le Mainate : ils sont fous !

Illustration Stéphane Trapier pour Le Gros, la Vache et le Mainate

Olivier attend un enfant de Paul, des tantes déjantées débarquent, des postiers et pompiers à la mode Chippendales et des incidents techniques à répétition font de ce spectacle un terreau propice à une opérette barge où contemporain et comédie nouent une alliance indéfectible pour le plus grand bonheur du spectateur. Accrochez-vous ! Ils sont fous !

Le gros, la vache et le mainate est une pièce écrite par Pierre Guillois, directeur

Théâtre du Rond-Point - Photo PB La Compagnie de la Bobine

artistique du théâtre du Peuple de Bussang de 2005 à 2011. Nous connaissons déjà Pierre Guillois, metteur en scène de Sacrifices le spectacle de Nouara Naghouche que vous avez pu voir récemment au Prisme à Elancourt. Ses  initiatives comme « Auteurs et Compagnies » lors de son passage au théâtre du Peuple et sa pugnacité à diffuser le théâtre contemporain restent gravées dans les mémoires des comédiens professionnels et amateurs qui l’ont côtoyé ces deux dernières années avec pour ces derniers la complicité de la FNCTA.

Attention, ce spectacle n’est pas à mettre sous tous les yeux ni sous toutes les oreilles. En effet, certaines scènes ont été qualifiées de trash par une partie de la critique professionnelle. Je dirais plutôt que c’est un spectacle pour adultes, ensuite on adhère ou on n’adhère pas. J’ai vu certaines familles se chamaillant à la sortie « Je t’expliquerai à la maison pourquoi je n’ai pas du tout aimé. » dit la mère à sa fille d’une vingtaine d’années. Bonjour, l’esprit critique ! Enfin, Bob est prévenu et n’emmènera sûrement pas Ben, son benjamin d’une dizaine d’années. La jauge n’a heureusement pas eu à en souffrir et la grande majorité des sept-cent quarante cinq places de la salle Renaud-Barrault est occupée.

C’est une habitude pour moi maintenant de repérer le metteur en scène dans la salle. Et celui-là, je le connais, il m’a poursuivi de ses nanars pendant de longues années. Je veux parler, bien sûr, de Bernard Menez mais là, c’est Monsieur Menez que je n’avais jamais vu sur scène et là, chapeau ! Je me suis dit qu’il avait une capacité de concentration extraordinaire car une demi-heure avant le début de la pièce où il joue le metteur en scène, il était dans la salle remontant les allées en discutant à gauche et à droite. Mais ! c’est bien sûr :  la pièce était déjà commencée ! La pièce était déjà commencée ?

Cette pièce me rappelle les basiques du jeu : un acteur ne doit pas seulement jouer mais être et incarner son personnage. Et aujourd’hui, tous les comédiens sur scène font preuve d’une schizophrénie exceptionnelle à répétition, comme Olivier Martin-Salvin aux onomatopées infantiles déjantées, et de l’excellent Jean-Paul Muel dans le rôle de la tante  Schmurtz, adossé à l’étonnant Pierre Vial dans les jupes de la tante Chose. Je n’oublie pas les autres acteurs qui n’ont émis aucune fausse note.

Excellente acoustique de la salle, où la pianiste a su jusqu’au bout ne pas déborder sur le jeu des comédiens. Ce spectacle est plus qu’une opérette barge, plus qu’un moment de cabaret, c’est une comédie musicale. Une comédie musicale dont on sort en sifflotant le refrain.

Encore pour quelques jours au Théâtre du Rond-Point, et la troupe repartira en représentation : plusieurs dates dont Bouguenais (44), La Roche sur Yon (85), mais également plus près de chez moi à Mézières dans les Yvelines. Renseignez-vous sur le site du théâtre !

Pour conclure, j’ai extrait ces quelques lignes de la note d’intention : « Le contenu narratif de notre pièce est tellement désuet que nous n’osons vous en décrire les faibles rebondissements, mais il faut vous rassurer, l’intérêt du spectacle ne dépend ni de la trame, ni de l’intrigue, ni des ressorts usuels de la comédie dramatique. Le tourbillon dans lequel nous espérons embarquer en masse les spectateurs sera provoqué par moult surprises et turpitudes tout à fait accidentelles et surprenantes mais dont l’étonnement résultant dépend du secret dont nous les entourons. Voilà pourquoi nous ne pouvons rien vous dire de ce qui fonde l’originalité de notre opérette et justifie a contrario la pâle figure de sa fable. Et non seulement nous ne pouvons pas vous en dire plus, mais en sus, lorsque vous aurez vu le spectacle, nous vous prierons à genoux de ne rien dévoiler de ce grand secret. Oui, nous le savons, c’est impatientant, mais ça fait partie du show. »

Quelle conclusion !

P.B La Compagnie de la Bobine

D.R

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