Une Flûte enchantée par Peter Brook à Saint-Quentin

Une flûte enchantée Théâtre Saint Quentin en Yvelines Photo PB

Une flûte enchantée Théâtre Saint Quentin en Yvelines Photo PB

Il n’y a pas si longtemps de cela, une partie de notre public nous a parlé de sa difficulté à accéder au genre théâtral contemporain. Le point d’orgue de cette complainte fût entendue à l’issue de notre première représentation d’Yvonne Princesse de Bourgogne à Montigny-le-Bretonneux. 

Qu’il se rassure, il existe en effet un genre de spectacles qui se révèle encore plus difficile d’accès : l’Opéra. Mais le chemin vers la lumière est parsemé d’épreuves, et en cherchant un peu, le territoire de Saint-Quentin en Yvelines peut permettre au profane de développer son initiation à l’opéra. La ville de Buc organisait l’année dernière sa cinquième nuit de l’opéra. La célèbre Traviata de Verdi fut célébrée avec brio dans le cadre prestigieux et champêtre mais malheureusement bruyant du château de Buc. En effet les tribunes en métal ne facilitent toujours pas la concentration ! Pour moi, Vittoria, Vittoria, j’ai pu tenir jusqu’à la mi-temps. Quelle expérience !

Dix-huit janvier : Confortablement assis sur les fauteuils du Théâtre National de Saint-Quentin en Yvelines,  je suis venu voir Une Flûte enchantée mise en scène par Peter Brook. Cette version qualifiée de contemporaine, a reçu le Molière du meilleur spectacle musical en 2011. Alternant paroles en français et chant en allemand, cet opéra est sans nul doute l’oeuvre majeure de Wolgang Amadeus Mozart. Mais l’amateur que je suis est confronté à une nouvelle épreuve : l’épreuve linguistique. En effet, je peux me débrouiller pour demander ma clef de chambre à Milan ou à Vienne dans la langue locale, mais pour ce qui est de rentrer dans une histoire que ce soit un conte pour enfant ou un opéra, l’épreuve est désagréable. Ce soir là, nous avions droit à un sous-titrage à plus de dix mètres au-dessus de la scène, épreuve olympique pour certains d’entre nous désireux d’apprécier à la fois les acteurs déclamant dans la langue de Goethe mais également comprendre la signification de ces sons gutturaux. J’enfonce les portes ouvertes une fois de plus : allez-voir Une flûte enchantée en allemand n’est vraiment pas évident. Et pourquoi pas la prochaine fois un opéra en français? Oui je pense qu’il faut commencer par là. Si nous voulons respecter puis apprécier un opéra qu’il soit classique ou contemporain, mettons d’abord un mouchoir sur notre slogan « Résolument contemporain », puis réservons dès que possible les meilleurs places pour la sixième nuit de l’opéra qui se déroulera à Buc le 30 juin prochain et qui présentera Manon, un opéra de Jules Massenet.

Je ne peux terminer ce billet sans lever une salve d’applaudissements pour tous les interprètes qui ce soir ont dévoilé leurs talents à une salle en partie déjà acquise. J’ai été conquis. Je remarque quelques spectateurs qui semblent ne pas avoir appréciés cette adaptation et s’attendaient à une mise en scène plus traditionnelle ; on ne peut pas plaire à tout le monde.

Vu le nombre d’enfants présents, on ne peut que se féliciter de cette entreprise de charme lancée à destination de ce public scolaire dont les parents n’ont déboursés qu’une octave d’euros. Ce soir les détenteurs d’invitations gratuites portent cravates et colliers de perles, mais n’avaient ils pas les moyens de s’offrir leurs places ? Vu l’hétérogénéité du public, il est certain que cette flûte enchantée n’a pas résonné dans la tête de tous, comme ce parent d’élève qui s’est assoupi. Tout un travail d’éducation est à faire, ça tombe bien, le Théâtre National de Saint-Quentin en Yvelines organise dans le cadre de son université populaire un rendez-vous à la fin du mois  abordant l’Opéra au XVIII ième siécle.

P.B La Compagnie de la Bobine



Extrait du film Amadeus de Miloš Forman, sorti en 1984, et repris en 2002 dans une version « director’s cut » rallongée de vingt minutes. Adaptée de la pièce de théâtre éponyme de Peter Shaffer, qui signe également le scénario du film, l’histoire se base librement sur la vie de Wolfgang Amadeus Mozart et Antonio Salieri, deux compositeurs ayant vécu à Vienne pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle.
Le film fut nominé pour 53 prix et en reçu 40, dont 8 Oscars (incluant l’Oscar du meilleur film), quatre British Academy Film Awards, quatre Golden Globes, et un Directors Guild of America Award. En 1998, l’American Film Institute a classé Amadeus 53e sur son top 100 des films. (source Wikipedia)

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